27 juin 2007

Ciné-philo à l'entrepôt

Dimanche 24, le débat était lancé par :

Volem

Le film commence par une allocution du président Georges Pompidou qui dit, en substance :

Nous serons confrontés à un risque permanent, dans une guerre économique sans merci, et le gouvernement en est parfaitement conscient ! Son rôle est d’atténuer parfois ces risques mais certainement pas d’inciter à la paresse pour créer de nouvelles protections !

La deuxième séquence est une publicité détournée où des salariés, à la file,  se prennent des claques en série…

Oui, il y a belle lurette que nos dirigeants le savaient que le climat économique et la compétition deviendraient impitoyables !

Et qui en fait les frais ? Le salarié de base, celui qui cherche à s’insérer dans le monde du travail, celui qui croit encore au credo de base servi par tous les relais d’opinions : impossible de se réaliser sans le travail !

Le film de P. Carles a l’immense mérite de nous faire douter des mérites attendus d’une vie laborieuse dans le monde moderne du travail et d’amorcer une profonde réflexion sur cette soi-disant inoxydable valeur travail.

On se rend pas compte, à quel point les gens sont obligés de faire des merdes pour vivre !

Pourquoi on passe notre vie à construire de la merde ? Des trucs qui seront cassés trois ans plus tard ? Pourquoi on manipule sans cesse les gens pour qu’ils aient de nouveaux besoins, de nouveaux désirs, et qu’ils soient frustrés dès l’acquisition, pour déjà penser à la prochaine, au nouveau gadget qu’ils devront à toutes forces se procurer ? Pourquoi on perd presque chaque journée de sa vie  pour alimenter cette philosophie de merde de la société de consommation ?

On nous présente des déserteurs du monde du travail, des gens qui s’occupent eux-même de leur merde , des gens qui ne veulent plus être reliés, comme par un cordon ombilical, à EDF, Vivendi, Véolia, Bouygues, et autres multinationales esclavagistes. Ils ont réussi à s’échapper de cette société livrée tout entière au marketing, aux faux-semblants, aux paillettes, aux apparences trompeuses, au mensonge en somme. Ils ont réussi à échapper aux travaux déshumanisants, robotisants, aliénants, à la solde d’une hiérarchie perverse, castratrice, génératrice de névroses, de stress et de dépressions… Ils ont refusé de s'insérer dans le monde du travail, comprenant que c'était pénétrer la plupart du temps dans un univers de domination mentale, de souffrance psychologique, d'asservissement, dont il est rare de sortir indemne sauf à s'en faire le complice, à devenir à son tour un chefaillon, un adjudant, un capo, ce qui est la forme achevée, somme toute, de l'aliénation...

Le grand problème de notre société, d’ailleurs, c’est de donner du boulot à tout le monde. Mais l’argent ne peut tout de même pas être gratuit, quand même, comme le revendiquent ces manifestants à Barcelone que l’on voit en train de poser des banderoles « Dinero gratis » autour des parcmètres !

En période de surproduction agricole, on détruit les aliments plutôt que les donner à ceux qui ont faim… Sinon, qui achèterait ensuite ?

Pour le boulot, c’est un peu pareil ! Depuis qu’on a remplacé les boulots les plus cons par des machines, depuis que la sacro-sainte loi du marché a supprimé toute activité non rentable, du travail, il n’y en a guère ! Mais ça fait tout de même pas très sérieux que certains refusent quand on leur propose une merde de plus !

Allez voir… et on en reparlera

La bande annonce...

Le site du film...

Les autres séances de ciné-philo à l'entrepôt...

Posté par Pierre Decriture à 15:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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